Le Mouvement d'Action Sociale fonde son action politique sur le principe de Rupture. Cette dernière présuppose un travail de réflexion aboutissant à plusieurs constats.

 Le monde a changé 

Le monde dans lequel se sont forgés nos usages, nos outils et nos méthodes de combat politique a disparu. Ces soixante dernières années n'ont été qu'une suite de bouleversements sociétaux, culturels, religieux et ethniques. Il nous faut prendre acte de ces changements qui modifient en profondeur notre réalité quotidienne. 

 

Le Système domine le monde

 

L'avènement d'un Système oligarchique planétaire a profondément modifié la donne, le jeu électoral est depuis longtemps verrouillé et l'insurrection armée s’apparente à un rêve romantique suicidaire.

La seule réalité est celle d’élites assurant elles mêmes leurs autos promotions sans tenir compte des peuples qu’elles gouvernent. Tout le reste : les luttes de partis, l'opposition d'idées, la gauche, la droite n’est qu’illusion. C’est le grand mensonge servit par le Système à des masses anesthésies par des médias aux ordres, soumises à la peur sécuritaire, droguées à la consommation, esclaves de jouissances immédiates et éphémères. 

"Consommez, jouissez, tremblez mais surtout ne pensez pas. On s'occupe de tout" pourrait être le message qu’il distille dans les populations des grands pays occidentaux. 

 

Remise en question

 

Devant un tel état de fait, on peut bien entendu choisir le repli nostalgique du "avant c'était mieux" et reproduire à l’infini les schémas sclérosants de lutte qui ont conduit à la ghettoïsation inévitable des militants dans un univers fantasmé et autiste.

 

On peut également vouloir un radicalité dynamique porteuse de sens et d'avenir, fondée sur le principe de réalité. Cela implique un puissant effort de remise en cause individuelle et collective. Ce travail est incontournable pour maintenir le socle révolutionnaire de notre approche. 

 

Travail sur soi  

 

Dès lors, sachant que notre principal ennemi c'est nous-même, le premier acte révolutionnaire de rupture est de procéder à un travail d’introspection militant. Quel est le sens profond de notre engagement,  la validité de nos méthodes de lutte et le caractère résolument révolutionnaire de notre action ?

Jusqu'à quel point nos habitudes militantes, notre sectarisme, nos codes vestimentaires, nos modes d'expression politiques ne font-ils pas le jeu du Système ? 

 

Travailler sur soi c'est être capable de se poser les vraies questions, d'ouvrir un oeil critique, se détacher de l'émotionnel et prendre appui sur l'instinct et la réflexion. Il faut rompre avec tout ce qui est déconnecté du réel et arrêter de défendre avec nostalgie des héritages qui ne sont pas les nôtre. 

Se libérer de cela c'est faire renaitre en nous la volonté de vaincre et le désir de victoire. 

Ne plus être systématiquement "contre" et proposer des alternatives en contact avec le réel. Sans se renier, rester pragmatique, détaché, réactif et innovant.

Demeurons donc des observateurs imperturbables de cette société, agissons sur elle, vivons en elle en faisant en sorte que les choses contre lesquelles nous ne pouvons rien ne puissent agir sur nous. 

 

Opter pour une nouvelle stratégie 

 

Prendre le Pouvoir est certes une idée noble et qui nous obsède. Mais de la théorie à la réalité, la route n’est pas linéaire. Il faut d'abord arrêter de penser que le Pouvoir et ses centres de décision se trouvent encore en France. La stratégie de l'homme providentiel, du grand réveil populaire, de la révolution nationale est aujourd'hui obsolète.

 

Face à un Pouvoir déterritorialisé et multiforme mieux vaut tenter de changer le monde sans prendre le pouvoir, mais en créant un contre-pouvoir ou plutôt un « pouvoir contre ».

Il nous faut créer une multitude des lobbys, des groupes de revendications en matière sociale, économique, culturelle, écologique, agricole… de manière à bâtir un réseau radical et autonome s’appuyant sur des moyens de communication et d’information modernes.

Apprenons également à travailler ponctuellement avec des gens que nous combattons habituellement, formons des coalitions d’opposants constructifs mais déroutantes pour le Système. Car il s’agit aussi de brouiller ses repères.

 

Pragmatique, pas dogmatique 

 

Notre Idée étant en perpétuel mouvement, notre organisation ne doit pas être figée. Elle doit pouvoir se mobiliser tous azimuts sous la forme de comités, d’associations, de groupements. Nos réseaux doivent s'adapter, se transformer pour les besoins de la lutte. 

 

L'avenir nous appartient 

 

Nous refusons l'enfermement, le ghetto stérile. Notre objectif est de nous placer au centre du débat afin de forcer les autres à se positionner par rapport à nous et à nos règles du jeu. Nous voulons être les vainqueurs de demain pas les perdants d'aujourd'hui.