Il serait vain et trop exhaustif de dresser la liste des menaces et des dégradations que subit la nature : pollution, disparition d'espèces végétales et animales, dégradation de la couche d'ozone, nuisances de toutes sortes, etc.

Il est pour nous d'une importance fondamentale de préserver en France et en Europe, dont les variétés de paysages, de faunes végétales et animale sont d'une extrême richesse,

notre patrimoine naturel, forestier et végétal, animal et marin, comme un élément indispensable de la définition de notre identité et comme partie fondamentale de la survie du vaste écosystème terrestre.

 

Mais nous entendons dépasser le stade purement défensif et “réactionnel” de l'écologie contemporaine, qui en tant que simple mouvement d'action défensive sert trop souvent de support idéologique à des programmes politiques gaucho-mondialistes ou libéraux sociaux.

Ces tenants du Système considèrent la nature comme un simple cadre de vie et d'environnement constituant l'accessoire agréable et utile à notre civilisation du béton.

 

A cette vision utilitariste qui n’a d’écologiste que le nom, nous opposons une attitude authentiquement écologiste, purement désintéressée, qui vise à restituer à la nature la fonction traditionnelle sacrale et spirituelle qu'il lui revient. Il faut réconcilier le monde de la matière et la nature en les intégrants tous deux une totalité organique.

 

Dans cette perspective, un nécessaire retour et une réintégration des origines s'impose ainsi qu'une véritable rupture, afin de reconsidérer la Terre comme notre mère commune et féconde. Il nous faut nous libérer de l’étroite conception statique et matérialiste de la nature qui n'y voit qu'un conglomérat de matières et de couches minérales superposées.

De même, il nous faut rejeter le sentimentalisme béat qui n'y voit qu'un pastiche de couleurs et de paysages figés et inertes, pour y reconnaître et discerner le mouvement dynamique et circulaire d'une force indomptable en perpétuel devenir.

La nature dans ses cycles nous apprend à reconnaître en nous-mêmes nos propres limites et potentialités. Elle nous fait voir le cycle profond qui soumet chaque être vivant aux phases de naissance, de croissance, de maturation, de vieillesse, de déclin, de mort et de renaissance.

 

L’une des constantes néfastes de l'esprit moderne et de la conception mécaniste et rationaliste de la nature a été de rompre avec notre passé originel, avec la chaîne mythique des générations, des unités et organismes vivants ancestraux infiniment reliés entre eux, pour faire du monde de la nature un pôle indépendant, décentré, unique champ d'expérimentation et d'exploitation, domestiqué et mesurable.

 

Nous considérons que l'essence d'une véritable écologie traditionnelle est indissociable d'une conception organique et naturelle du monde et de l'univers. Il est d'autre part d'une nécessité impérative de dénoncer la conception artificielle, matérialiste, scientifique et l'image mécanique du monde naturel ambiant pour affirmer l'incoercibilité, l'incommensurabilité et l'éternité d'une nature-mère qu'il convient de resacraliser dans tous ses éléments constitutifs.

 

Seule cette attitude écologique et cette disposition intérieure purement spirituelle et de conception organique est à même de servir de solide fondement à toutes les formes extérieures de défense et d'action de sauvegarde de notre environnement naturel. C'est pourquoi toute forme d'écologie contestataire défensive et revendicative, détachée d'un centre spirituel de connaissance et de perception supérieure de la nature, sera vouée à l'échec et limitée à des actions ponctuelles et des effets éphémères facilement récupérables.