Comment défendre son peuple si on ne se préoccupe pas de son quotidien ? Toute pensée authentiquement patriote ne peut occulter la gravité de la question sociale, ni ignorer son actuelle mutation.

 

L’ère moderne se caractérise par l’accaparement marchand de la planète par une minorité imbue d’elle-même : l’oligarchie ou hyper-classe qui constitue la tête du Système. Désormais s’imposent la tyrannie de l’Avoir et le despotisme du Fric, grands fossoyeurs de toutes différences. Le déchaînement financiariste et le rôle dissolvant des marchés contribuent aussi à cet arasement des héritages populaires et identitaires.

 

Force est de constater que, face à l’individualisme érigé en bien-être matériel absolu, à l’impératif du produire, à l’injonction du consommer, à la logique égoïste de la guerre totale de chacun contre tous, l’idéal socialiste a failli. Les marxistes se sont noyés dans l’immigrationnisme alors que les sociaux-démocrates faisaient allégeance au grand capital.

Or, retrouver, maintenir et préserver la cohésion du peuple se révèle plus que jamais nécessaire, d’où le recours au solidarisme et au justicialisme.

 

Débarrassé de la guerre des classes marxiste, le solidarisme postule à la fois l’indispensable solidarité de l’ensemble des membres du peuple, quelques soient leurs positions sociales, et l’indispensable coopération avec les autres peuples menacés dans leur être, dans leur existence par la même rapacité financière.

Le solidarisme conçoit en outre la refonte radicale des rapports sociaux et des relations entre les différentes couches sociales.

Cette refonte ne peut s’effectuer qu’en entreprenant une révolution dans les entreprises et, dans les rapports sociaux et surtout dans les mentalités, par la remise en cause totale du dogme de la primauté de l’économique.

 

Le solidarisme n’entend pas éliminer le patron, le capitaine d’industrie, le petit commerçant, l’ingénieur ou le fonctionnaire, au profit d’un bureaucrate incompétent ou d’un hiérarque partisan. Il encourage plutôt au dépassement des « antagonismes de classes » afin de les faire converger vers la prise en compte d’objectifs et d’intérêts communs dont celui de mener une vie digne et décente. Le solidarisme veut mettre en place une vision organique du monde de la production. Socialisation de l’entreprise, mise en place de corporations de métiers, participation à l’effort collectif d’établissement d’un ordre ou l’économique reste subordonné à l’humain.

 

La solidarité avec les siens implique également la justice envers les plus faibles, les plus démunis et les plus précaires des nôtres (le justicialisme). Seuls une nouvelle vision communautaire et le sens renouvelé de l’entraide refonderont le tissu social et les solidarités organiques. Le travail ne doit plus être la forme salariale de l’esclavage, mais redevenir un facteur d’épanouissement personnel, civique, spirituel et civilisationnel. 

 

Le solidarisme est justicialiste, car il exige, contre les délocalisations, la démence libre-échangiste et le délire sans-frontièriste, que le peuple puisse travailler mieux, moins longtemps et autrement au pays. Il préfère de petites unités de production relocalisées et décentralisées où tout le monde se connaît aux grandes firmes multinationales anonymes.

 

Solidarisme et justicialisme œuvrent par conséquent à l’alliance de la ferme, de la boutique, de l’atelier et du bureau, de l’artisan, du col bleu et du col blanc, du chômeur et de l’étudiant, contre une clique mondialiste sans attaches, ni racines, aux ordres du Capital apatride. 

Ils sont les deux piliers de la reconquête nationale de souveraineté populaire