Matrice de nos peuples qu’il ne faut pas confondre avec l’Occident, la Grande Europe constitue le substrat fondamental d’où procèdent nos identités subsidiaires, nationales, charnelles et locales.

En effet, on n’est pas européen parce qu’on est allemand, croate, danois, espagnol, français, grec, irlandais, ou ukrainien, mais on est ressortissants de ces nations parce qu’on est européen !

L’Europe représente notre Grande Patrie, la patrie spirituelle, ethnique, civilisationnelle et géopolitique qui englobe nos diverses petites patries charnelle et historiques dans une symphonie des appartenances.

Dans le cas français, n’oublions par que notre pays, nation historique et réalité civilisationnelle forgée par les siècles, ne se réduit pas- et heureusement- à un État-nation bureaucratique et centralisateur.

Ses moments de grandeur ne peuvent en effet faire oublier qu’il a arasé et vampirisé les patries charnelles constitutives de “l’hexagone”, pour finir par accoucher de la situation actuelle.


En plus d’être un territoire, l’Europe renvoie aussi à un ensemble de peuples apparentés, les peuples boréens, locuteurs initiaux des langues indo-européennes, vertébrés par des mythes fondateurs et une spiritualité native (ex-Septentrione lux, notre “lumière” polythéiste vient du Nord hyperboréen, de l’Ultima Thulé).

Les peoples boréens sont ataviquement attachés à une vision héroique de la vie, une conception sphérique du temps, renfermant l’idée cyclique d’éternel retour. Ils portent également en eux une vision dynamique de la destinée integrant enracinement et désinstallation.

Civilisation d’essence métamorphique, l’Europe doit tirer le meilleur de sa tradition (dans l’esprit et non dans des formes désuètes), de ce qui fit sa grandeur et sa puissance pour se régénérer et inaugurer un nouveau cycle historique, une nouvelle renaissance transfiguratrice au terme du nihilisme consécutif au cataclysme de la Grande guerre civile européenne de trente ans (1914-1945).

 

Le désenchantement actuel consubstanciel à l’entreprise funeste des eurocrates de Bruxelles s’explique par leur conformisme moralisateur et humanitariste, leur économisme caractérisé et leur sujétion au néo-totalitarisme politique et juridique de la “religion” des droits de l’homme.

Les peuples européens se sentent ignorés et méprisés par une hyperclasse oligarchique et mondialiste. Ils se perçoivent parfois victimes d’une ambition démesurée : l’État universel et l’arasement des différences essentielles.

Pourtant, un tel constat ne doit pas empêcher la reprise d’un véritable projet européen clairement orienté sur des bases identitaires, solidaristes, patriotiques, écologistes et subsidiaristes. L’heure est propice pour une renaissance de l’idée européenne et la redécouverte du concept authentiquement européen d’Empire, au-delà des vieilles tentations nationales et souverainistes.

La construction de l'Europe impériale passe par l'avènement d'une puissance régie par le principe de subsidiarité et structurée par des souverainetés populaires d’échelle variable.

Toutefois, il faut au préalable redonner à l'idée impériale sa signification première : l’Empire est une conception géopolitique et spirituelle qui propose une organisation de la Cité intégrant une pluralité ethnique de peuples de souche européenne dans leur immense majorité .

Cet empire rejette l’uniformisation administrative, linguistique et jacobine propre aux “empires” napoléonien, coloniaux, russo-soviétique ou hitlérien.

Notre conception de l’Empire constitue un grand-espace continental cohérent organisé autour d’une logique de puissance dans une optique federaliste et subsidiariste. Si l'hégémonisme agressif des États-Unis tend vers l'indifférenciation humaine et l'uniformisation marchande, l'idée impériale repose, elle, sur la synergie des communautés, de leurs cultures et de leurs identités bien mises à mal par le mondialisme, les États-nations et l’idéologie mortifère du marché.

Possédant une indéniable dimension géographique, l’Empire européen est destiné à se déployer dans un grand-espace idéalement eurosibérien dans lequel les populations régénérées de souche européenne peuvent se projeter dans l’avenir avec la conscience d’être pleinement européennes, ce qui permet de poser par exemple le cas d’une Russie à l’identité toujours ambivalente, car régulièrement tentée par un tropisme atavique “eurasiatique”.


En outre, l'Europe impériale présente une dimension métaphysique qui implique un État éthique et spirituel ordonnant le militaire, l’écologique, l’économique et le social au politique et orientant le politique vers le spirituel, dans l’esprit de la conception trifonctionnelle fondatrice héritée de nos ancêtres boréens.

L'État imperial, grand-continental doit exprimer un ordre de réalité supérieur qui s’incarne dans la destinée d’une communauté civique et ethnique. L'unité politique de l’Europe associe l’Esprit, la Puissance et l’Identité. La souveraineté d'Empire - ou Imperium - se justifie par des principes solaires, héroïques et communautaires, contraires aux pseudo-valeurs du vieux monde moderne.

Seul l'oubli de ces principes supérieurs  a pu favoriser la dérive vers le culte effréné de l’Etat (statolâtrie), le communisme totalitaire ou l’individualisme marchand.


L’Europe est donc un enjeu et un défi pour tous les “bons Européens” de grande volonté.

Le patriotisme grand-européen ne peut être qu’un patriotisme assumé de l’enracinement dynamique, du respect et de la preservation scrupuleuse des multiples entités ethnico-culturelles européennes dans leur spécificité.

Ce patriotisme n’annule, ni n’abolit les patriotismes locaux, régionaux et nationaux: il les surplombe, les amplifie et les renforce au contraire.

 

Tout cela suppose une capacité à devenir ce que nous sommes : des impériaux néo-européens, acteurs conscients et inflexibles d’une régénération de nos peuples et de notre terre.